Quoi de neuf dans la Silicon Valley ?
SpaceX peut-elle concurrencer les opérateurs mobiles historiques ?par Georges Nahon
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Lors de la première présentation de ses résultats trimestriels, le nouveau SpaceX a levé le voile sur une ambition inédite : transformer son Starlink Mobile, jusqu'ici cantonné au rôle de service de télécommunication satellitaire de secours, en un véritable réseau mobile hybride associant satellites et infrastructures terrestres pour devenir à terme un opérateur mobile global à part entière.
Gwynne Shotwell, la Présidente de SpaceX a notamment déclaré : "le spectre [de fréquences mobiles] que nous avons acheté à EchoStar (pour 17 md$ dont 8,5 md$ en actions SpaceX) comporte bien une composante terrestre, et nous avons donc clairement l'intention de développer ce volet terrestre ... Vous disposerez non seulement de la capacité fournie par les satellites eux-mêmes, mais aussi d'un déploiement terrestre ". En visant AT&T, Verizon et TMobile qui représenteraient ensemble un marché d’environ 600 milliards de dollars par an elle affirme : "J’anticipe que nous pourrons acquérir un bon nombre de leurs clients, car je pense que notre service sera meilleur." Une partie de ce discours de conquête peut aussi relever d'une posture destinée à obtenir de meilleures conditions de la part de leur partenaire actuel TMobile. Mais il sera néanmoins très difficile pour SpaceX de capturer des clients existants de la fibre. Actuellement, aux USA, SpaceX exploite déjà un service de connexion directe aux appareils baptisé "Starlink Mobile". Celui-ci vient compléter les réseaux des opérateurs mobiles comme T-Mobile aux USA en fournissant une messagerie et des données limitées dans les zones sans couverture cellulaire.
Pour freiner les ambitions de SpaceX dans le mobile, AT&T, Verizon et T-Mobile avaient tous refusé d'offrir à SpaceX un accord d'opérateur virtuel (MVNO), au début 2026. Et ils ont créé une Joint-Venture consacrée au partage de spectre de fréquences dans les zones mal desservies
SpaceX envisage de déployer un réseau de petites cellules mobiles type Femtocell installées sur les toits, à proximité des antennes Starlink connectées aux nouveaux satellites (V2). Ainsi, SpaceX ne devrait pas avoir besoin de dépenser des centaines de milliards de dollars pour racheter un opérateur télécom, ni des dizaines de milliards pour construire un réseau conventionnel de tours cellulaires.
Concernant les capacités nécessaires, avec ses satellites mobiles de nouvelle génération (dont le lancement est prévu à partir de 2027, avec un service d’ici fin 2027) et les fréquences provenant d’EchoStar, le service serait "100 fois meilleur" que l’offre actuelle. Il y aura une multiplication par 10 du nombre de satellites soit environ 10 fois plus de capacité. Le véritable enjeu n'est donc plus le coût de construction du réseau, mais sa capacité à devenir réellement compétitif face aux opérateurs mobiles existants. SpaceX est très efficace dans l'exécution et challenge déjà les autres dans le monde satellitaire y-compris Amazon (Kuiper) qui a du mal à les rattraper.
Dans le mode Direct-to-Cell actuel de Starlink, le satellite apparait comme une station mobile classique distante. Donc un smartphone actuel peut s'y connecter directement. Cela fonctionne via le partenariat avec T-Mobile (service « T-Satellite »). Les Services disponibles sont SMS, partage de position, données limitées, appels voix/vidéo via certaines apps (WhatsApp, Signal, X, etc.).
Les Femtocells apportent de la densité en zone dense urbaines où des milliers de téléphones peuvent demander du trafic en même temps.
Un satellite n’a pas assez de capacité pour tout le monde avec un bon débit. De plus, les satellites ont du mal à pénétrer à l’intérieur des bâtiments (murs, toits, etc.). Une petite cellule terrestre placée sur le toit d’une maison ou d’un immeuble couvre très bien l’intérieur.
Une possibilité assez disruptive est de devenir un opérateur grossiste d'infrastructure de réseau. ("wholesale carrier"). Ainsi, plutôt que de remplacer Verizon ou AT&T, SpaceX pourrait devenir leur fournisseur d'infrastructure. C'est analogue au cloud Amazon Web Services (AWS) : les entreprises ne construisent plus leurs propres centres de données : elles louent une infrastructure cloud. De la même manière, les opérateurs mobiles pourraient louer de la connectivité auprès de SpaceX. Plutôt que de construire des milliers de nouvelles antennes-relais, ils pourraient acheter de la capacité satellitaire et une couverture hybride.
SpaceX deviendrait ainsi " l'AWS des télécommunications". SpaceX pourrait fournir la couche satellite hybride, tandis que les opérateurs nationaux conserveraient la relation avec leurs clients. Cette approche permettrait de réduire considérablement les obstacles réglementaires, de préserver les modèles économiques des opérateurs existants, tout en permettant à SpaceX de capter une part substantielle de la valeur créée par la connectivité mondiale.
Cela positionne SpaceX non pas seulement face à Verizon ou AT&T, ni seulement face à OpenAI ou Google, mais comme une entreprise s’apparentant davantage à une « pile d’infrastructure » verticalement intégrée : des fusées pour la déployer, des satellites pour assurer la connectivité et l’IA pour fonctionner au-dessus de cette infrastructure. Il s’agit d’une configuration concurrentielle véritablement nouvelle : aucun autre acteur ne contrôle simultanément ces trois niveaux. Le modèle repose désormais explicitement sur trois piliers : le lancement spatial, la connectivité avec Starlink et l’intelligence artificielle avec xAI, l'IA de Musk.
Si SpaceX avance vers la connectivité Direct-to-Cell / mobile hybride (comme dans le déploiement du spectre EchoStar mentionné plus haut), associer cette couverture mondiale aux modèles de xAI offre à SpaceX un moyen de diffuser des services d’IA (Grok, agents, inférence en périphérie) vers littéralement n’importe quel appareil sur Terre, indépendamment de l’infrastructure des opérateurs locaux. C’est un avantage de distribution qu’aucun opérateur télécoms terrestre ni fournisseur de cloud ne possède.
La stratégie de Musk semble moins consister à conquérir le marché américain des utilisateurs de mobiles qu’à construire une plateforme de communication intégrée à l’échelle mondiale.
Aujourd’hui, l’architecture des télécoms est fragmentée : tours terrestres, opérateurs satellitaires, fournisseurs de haut débit, réseaux IoT, communications maritimes, communications aéronautiques.
SpaceX cherche à fusionner l’ensemble en un seul réseau transparent et unifié.
Le véritable actif stratégique consiste à posséder la couche de connectivité universelle pour les personnes, les véhicules, les robots, les drones, les navires, les usines et les systèmes d’IA. À mesure que les agents d’IA deviennent omniprésents et que des milliards d’appareils autonomes se connectent, un réseau hybride résilient et disponible à l’échelle mondiale pourrait s’avérer bien plus précieux que de simplement se battre pour un abonné mobile de plus.
L’Europe est probablement le marché majeur le plus difficile pour que SpaceX puisse y devenir un opérateur mobile à part entière. Les obstacles ne sont pas principalement techniques : ils sont réglementaires, politiques et concurrentiels. Pour devenir un opérateur mobile en Europe, SpaceX aura besoin d'avoir accès à un spectre de fréquences comme avec l'acquisition d'EchoStar aux USA. Mais en Europe le spectre et fragmenté et les licences sont accordées pays par pays. SpaceX aurait à acquérir ou louer du spectre dans 27 pays avec chacun au moins trois opérateurs.
En effet, un réseau mobile SpaceX ne serait pas simplement un opérateur télécom supplémentaire.
Il combinerait : une infrastructure satellitaire, une capacité de lancement spatial, une infrastructure réseau à l’échelle du cloud, potentiellement des services d’IA via xAI , la connectivité des véhicules Tesla et, à terme, éventuellement, des services financiers.
L'EU encourage plutôt la concurrence même si jugée déjà trop intense dans les télécommunications.
Construire un réseau 5G à l'échelle nationale coûte des milliards. Lancer des satellites et installer un nombre relativement restreint de stations radio terrestres pourrait s'avérer nettement moins coûteux.
Des pays situés en Afrique, Amérique latine, Asie centrale, îles du Pacifique, pourraient ainsi passer directement à des réseaux mobiles hybrides combinant satellite et terrestre.
Cette hypothèse rappelle la manière dont de nombreux pays ont fait l'impasse sur la téléphonie fixe pour basculer directement vers le mobile.
Elon Musk a souvent lancé des projets que beaucoup jugeaient irréalistes ou extravagants, mais plusieurs de ses paris les plus audacieux sont finalement devenus des réalités industrielles majeures. Avec SpaceX, il a démontré qu’une entreprise privée pouvait concurrencer les acteurs historiques du spatial, puis il a réussi le pari longtemps considéré comme presque impossible de rendre les fusées orbitales réutilisables. Avec Tesla, il a contribué à faire d’une jeune entreprise un acteur mondial de l’automobile électrique, dans une industrie dominée par des constructeurs centenaires. Avec Starlink, il a transformé l’idée d’une constellation massive de satellites en un véritable réseau mondial de télécommunications. Direct-to-Cell constitue aujourd’hui un nouveau pari : permettre à des smartphones ordinaires de communiquer directement avec des satellites, puis progressivement rapprocher cette connectivité de l’expérience d’un véritable réseau mobile.
Son objectif semble désormais aller plus loin, avec une architecture combinant satellites, petites cellules terrestres et éventuellement infrastructures mobiles traditionnelles. La caractéristique commune de ces projets est que Musk se trompe souvent sur les délais, mais qu’il persiste suffisamment longtemps pour construire les infrastructures nécessaires à leur réalisation. Son avantage ne réside donc pas seulement dans sa capacité à imaginer des technologies nouvelles, mais dans sa capacité à intégrer verticalement les différentes briques nécessaires pour les rendre possibles. Cette logique apparaît désormais avec la combinaison de SpaceX, Starlink, Tesla et xAI : lancement spatial, connectivité, véhicules connectés et intelligence artificielle pourraient progressivement former un même écosystème technologique.
L’histoire de Musk ne montre donc pas qu’il a toujours raison, mais qu’il est imprudent de rejeter trop rapidement un projet simplement parce qu’il paraît aujourd’hui irréaliste.
SpaceX ne détruira pas le secteur des opérateurs télécommunications mais il pourrait bien le réinventer substantiellement.
Georges Nahon
Septembre 2026 (c) CRIP et Georges Nahon
Gwynne Shotwell, la Présidente de SpaceX a notamment déclaré : "le spectre [de fréquences mobiles] que nous avons acheté à EchoStar (pour 17 md$ dont 8,5 md$ en actions SpaceX) comporte bien une composante terrestre, et nous avons donc clairement l'intention de développer ce volet terrestre ... Vous disposerez non seulement de la capacité fournie par les satellites eux-mêmes, mais aussi d'un déploiement terrestre ". En visant AT&T, Verizon et TMobile qui représenteraient ensemble un marché d’environ 600 milliards de dollars par an elle affirme : "J’anticipe que nous pourrons acquérir un bon nombre de leurs clients, car je pense que notre service sera meilleur." Une partie de ce discours de conquête peut aussi relever d'une posture destinée à obtenir de meilleures conditions de la part de leur partenaire actuel TMobile. Mais il sera néanmoins très difficile pour SpaceX de capturer des clients existants de la fibre. Actuellement, aux USA, SpaceX exploite déjà un service de connexion directe aux appareils baptisé "Starlink Mobile". Celui-ci vient compléter les réseaux des opérateurs mobiles comme T-Mobile aux USA en fournissant une messagerie et des données limitées dans les zones sans couverture cellulaire.
Pour freiner les ambitions de SpaceX dans le mobile, AT&T, Verizon et T-Mobile avaient tous refusé d'offrir à SpaceX un accord d'opérateur virtuel (MVNO), au début 2026. Et ils ont créé une Joint-Venture consacrée au partage de spectre de fréquences dans les zones mal desservies
Une architecture télécom hybride radicalement plus légère
SpaceX envisage de déployer un réseau de petites cellules mobiles type Femtocell installées sur les toits, à proximité des antennes Starlink connectées aux nouveaux satellites (V2). Ainsi, SpaceX ne devrait pas avoir besoin de dépenser des centaines de milliards de dollars pour racheter un opérateur télécom, ni des dizaines de milliards pour construire un réseau conventionnel de tours cellulaires.Concernant les capacités nécessaires, avec ses satellites mobiles de nouvelle génération (dont le lancement est prévu à partir de 2027, avec un service d’ici fin 2027) et les fréquences provenant d’EchoStar, le service serait "100 fois meilleur" que l’offre actuelle. Il y aura une multiplication par 10 du nombre de satellites soit environ 10 fois plus de capacité. Le véritable enjeu n'est donc plus le coût de construction du réseau, mais sa capacité à devenir réellement compétitif face aux opérateurs mobiles existants. SpaceX est très efficace dans l'exécution et challenge déjà les autres dans le monde satellitaire y-compris Amazon (Kuiper) qui a du mal à les rattraper.
Dans le mode Direct-to-Cell actuel de Starlink, le satellite apparait comme une station mobile classique distante. Donc un smartphone actuel peut s'y connecter directement. Cela fonctionne via le partenariat avec T-Mobile (service « T-Satellite »). Les Services disponibles sont SMS, partage de position, données limitées, appels voix/vidéo via certaines apps (WhatsApp, Signal, X, etc.).
Les Femtocells apportent de la densité en zone dense urbaines où des milliers de téléphones peuvent demander du trafic en même temps.
Un satellite n’a pas assez de capacité pour tout le monde avec un bon débit. De plus, les satellites ont du mal à pénétrer à l’intérieur des bâtiments (murs, toits, etc.). Une petite cellule terrestre placée sur le toit d’une maison ou d’un immeuble couvre très bien l’intérieur.
Les stratégies possibles de SpaceX.
Une possibilité assez disruptive est de devenir un opérateur grossiste d'infrastructure de réseau. ("wholesale carrier"). Ainsi, plutôt que de remplacer Verizon ou AT&T, SpaceX pourrait devenir leur fournisseur d'infrastructure. C'est analogue au cloud Amazon Web Services (AWS) : les entreprises ne construisent plus leurs propres centres de données : elles louent une infrastructure cloud. De la même manière, les opérateurs mobiles pourraient louer de la connectivité auprès de SpaceX. Plutôt que de construire des milliers de nouvelles antennes-relais, ils pourraient acheter de la capacité satellitaire et une couverture hybride.SpaceX deviendrait ainsi " l'AWS des télécommunications". SpaceX pourrait fournir la couche satellite hybride, tandis que les opérateurs nationaux conserveraient la relation avec leurs clients. Cette approche permettrait de réduire considérablement les obstacles réglementaires, de préserver les modèles économiques des opérateurs existants, tout en permettant à SpaceX de capter une part substantielle de la valeur créée par la connectivité mondiale.
La fusion AI- télécom: intégration verticale inattendue
Cela positionne SpaceX non pas seulement face à Verizon ou AT&T, ni seulement face à OpenAI ou Google, mais comme une entreprise s’apparentant davantage à une « pile d’infrastructure » verticalement intégrée : des fusées pour la déployer, des satellites pour assurer la connectivité et l’IA pour fonctionner au-dessus de cette infrastructure. Il s’agit d’une configuration concurrentielle véritablement nouvelle : aucun autre acteur ne contrôle simultanément ces trois niveaux. Le modèle repose désormais explicitement sur trois piliers : le lancement spatial, la connectivité avec Starlink et l’intelligence artificielle avec xAI, l'IA de Musk.
Starlink comme couche de distribution d’IA
Si SpaceX avance vers la connectivité Direct-to-Cell / mobile hybride (comme dans le déploiement du spectre EchoStar mentionné plus haut), associer cette couverture mondiale aux modèles de xAI offre à SpaceX un moyen de diffuser des services d’IA (Grok, agents, inférence en périphérie) vers littéralement n’importe quel appareil sur Terre, indépendamment de l’infrastructure des opérateurs locaux. C’est un avantage de distribution qu’aucun opérateur télécoms terrestre ni fournisseur de cloud ne possède.
La vision à long terme
La stratégie de Musk semble moins consister à conquérir le marché américain des utilisateurs de mobiles qu’à construire une plateforme de communication intégrée à l’échelle mondiale.Aujourd’hui, l’architecture des télécoms est fragmentée : tours terrestres, opérateurs satellitaires, fournisseurs de haut débit, réseaux IoT, communications maritimes, communications aéronautiques.
SpaceX cherche à fusionner l’ensemble en un seul réseau transparent et unifié.
Le véritable actif stratégique consiste à posséder la couche de connectivité universelle pour les personnes, les véhicules, les robots, les drones, les navires, les usines et les systèmes d’IA. À mesure que les agents d’IA deviennent omniprésents et que des milliards d’appareils autonomes se connectent, un réseau hybride résilient et disponible à l’échelle mondiale pourrait s’avérer bien plus précieux que de simplement se battre pour un abonné mobile de plus.
SpaceX mobile en Europe
L’Europe est probablement le marché majeur le plus difficile pour que SpaceX puisse y devenir un opérateur mobile à part entière. Les obstacles ne sont pas principalement techniques : ils sont réglementaires, politiques et concurrentiels. Pour devenir un opérateur mobile en Europe, SpaceX aura besoin d'avoir accès à un spectre de fréquences comme avec l'acquisition d'EchoStar aux USA. Mais en Europe le spectre et fragmenté et les licences sont accordées pays par pays. SpaceX aurait à acquérir ou louer du spectre dans 27 pays avec chacun au moins trois opérateurs.
Un opérateur dominant sur toute l'Europe ne sera pas accepté par l'UE
En effet, un réseau mobile SpaceX ne serait pas simplement un opérateur télécom supplémentaire.Il combinerait : une infrastructure satellitaire, une capacité de lancement spatial, une infrastructure réseau à l’échelle du cloud, potentiellement des services d’IA via xAI , la connectivité des véhicules Tesla et, à terme, éventuellement, des services financiers.
L'EU encourage plutôt la concurrence même si jugée déjà trop intense dans les télécommunications.
Autre cible potentielle : les pays en développement
Elle pourrait s'avérer encore plus vaste que le marché américain. De nombreux pays présentent une infrastructure terrestre fragile, une alimentation électrique peu fiable, un réseau de fibre optique peu développé, des populations dispersées.Construire un réseau 5G à l'échelle nationale coûte des milliards. Lancer des satellites et installer un nombre relativement restreint de stations radio terrestres pourrait s'avérer nettement moins coûteux.
Des pays situés en Afrique, Amérique latine, Asie centrale, îles du Pacifique, pourraient ainsi passer directement à des réseaux mobiles hybrides combinant satellite et terrestre.
Cette hypothèse rappelle la manière dont de nombreux pays ont fait l'impasse sur la téléphonie fixe pour basculer directement vers le mobile.
Un "MuskPhone" en gestation ?
Au-delà de ses satellites, Musk vise-t-il un smartphone ? Ces noms : Tesla Pi Phone, Model Pi, ou Tesla Phone apparus dans des vidéos YouTube et dans des publications sur les réseaux sociaux sont des spéculations. Elon Musk a répété qu'il ne souhaitait pas fabriquer de smartphones, à moins que les circonstances ne l'y obligent par exemple, si Apple ou Google venaient à bloquer l'accès aux applications ou aux services de ses entreprises. Peu probable. Mais ce ne serait pas juste un autre smartphone. Au contraire, Musk pourrait mettre l’accent sur l’IA native (via xAI/Grok), la connectivité satellitaire via Starlink, une intégration profonde avec X-twitter (l'App à tout faire) l’intégration avec les véhicules Tesla, et éventuellement une nouvelle interface utilisateur plutôt qu’Android ou iOS. Resterait la question de la distribution. Aujourd'hui les opérateurs en sont les canaux principaux grâce notamment au financement étalé dans le temps et leur puissance marketing d'acquisition de clients pour leurs service mobiles.
Conclusion : des paris jugés impossibles devenus réalité
Elon Musk a souvent lancé des projets que beaucoup jugeaient irréalistes ou extravagants, mais plusieurs de ses paris les plus audacieux sont finalement devenus des réalités industrielles majeures. Avec SpaceX, il a démontré qu’une entreprise privée pouvait concurrencer les acteurs historiques du spatial, puis il a réussi le pari longtemps considéré comme presque impossible de rendre les fusées orbitales réutilisables. Avec Tesla, il a contribué à faire d’une jeune entreprise un acteur mondial de l’automobile électrique, dans une industrie dominée par des constructeurs centenaires. Avec Starlink, il a transformé l’idée d’une constellation massive de satellites en un véritable réseau mondial de télécommunications. Direct-to-Cell constitue aujourd’hui un nouveau pari : permettre à des smartphones ordinaires de communiquer directement avec des satellites, puis progressivement rapprocher cette connectivité de l’expérience d’un véritable réseau mobile.Son objectif semble désormais aller plus loin, avec une architecture combinant satellites, petites cellules terrestres et éventuellement infrastructures mobiles traditionnelles. La caractéristique commune de ces projets est que Musk se trompe souvent sur les délais, mais qu’il persiste suffisamment longtemps pour construire les infrastructures nécessaires à leur réalisation. Son avantage ne réside donc pas seulement dans sa capacité à imaginer des technologies nouvelles, mais dans sa capacité à intégrer verticalement les différentes briques nécessaires pour les rendre possibles. Cette logique apparaît désormais avec la combinaison de SpaceX, Starlink, Tesla et xAI : lancement spatial, connectivité, véhicules connectés et intelligence artificielle pourraient progressivement former un même écosystème technologique.
L’histoire de Musk ne montre donc pas qu’il a toujours raison, mais qu’il est imprudent de rejeter trop rapidement un projet simplement parce qu’il paraît aujourd’hui irréaliste.
SpaceX ne détruira pas le secteur des opérateurs télécommunications mais il pourrait bien le réinventer substantiellement.
Georges Nahon
Septembre 2026 (c) CRIP et Georges Nahon
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