Le retour d'expérience d'un membre
Entre le FinOps et les Métiers, c’est une affaire de pragmatismeMahery Andriambololona, Public cloud FinOps Lead - Allianz France
Retour
Mahery Andriambololona a rejoint Allianz France en Janvier 2023 en tant que Public cloud FinOps Lead. Il évoque la relation entre FinOps et Métiers, et l’impact de l’IA pour les équipes FinOps.
L’activité FinOps comme toute l’IT à laquelle elle se rattache n’échappe pas à cette règle. Une cellule centrale a la charge de fournir le socle d’outils et de normes sur la pratique : un outil de visibilité des coûts, un mécanisme de réallocation des dépenses cloud et des recommandations d’optimisation sur étagère. De leur côté, les équipes locales monitorent les usages, mettent en musique les optimisations et acculturent les opérationnels.
Entre le FinOps et les Métiers, c’est une affaire de pragmatisme. Quand un Métier conditionne la dépense cloud d’un simple clic de souris en exploitant l’élasticité du cloud dans du calcul intensif (HPC) alors la pratique FinOps est très intégrée chez les analystes métiers. Quand le cloud est utilisé comme un simple hébergeur d’applications monolithiques, alors le dispositif est plus léger car les leviers sont plus limités.
Il y a deux niveaux de réponse à cette question. Si on considère l’IA comme un outil du quotidien pour les FinOps, alors on peut parler d’un champ des possibles qui s’ouvre. J’en citerai deux : dans la veille technologique, l’IA générative me semble incontournable pour s’approprier les nouveaux produits qui sortent à un rythme effréné, pour comprendre les inducteurs de coût d’un nouveau produit. Enfin dans l’analyse des coûts et usages lors d’une anomalie, les assistants de code (« claude code ») à base d’IA intégrée à votre terminal ou dans le portail web du fournisseur se montrent très prometteurs. Modulo un prompt adapté, ils corrèlent des données techniques et de coût en identifiant les causes racine du dysfonctionnement, quitte à lancer des commandes de manière autonome. C’est un gain de temps considérable pour un FinOps qui ne peut pas être expert de tous les services cloud.
Enfin sous l’angle de l’IA comme service cloud consommé par nos métiers, il n’y a pas de révolution, cela se présente plutôt comme un défi supplémentaire pour les FinOps. Nous y sommes habitués. L’exigence est toujours la même dans une phase d’adoption technologique : de la pédagogie sur les drivers de coûts souvent ignorés par les opérationnels et de la méthode lors du design d’architecture pour intégrer sobriété et efficacité financière.
En dehors du CRIP, la communauté FinOps.org anglophone apporte une vision plus mature sur les technologies les plus récentes comme l’IA ou la data. Par ailleurs, les communautés FinOps animées par les fournisseurs de cloud viennent enrichir le paysage avec une expertise technique plus pointue nécessaire pour opérationnaliser nos actions.
Toutes ces communautés sont très complémentaires et se nourrissent les unes des autres.
Les nouveautés technologiques, les impératifs de résilience et sécurité, et le renouvellement des équipes sont autant de facteurs de déstabilisation de la dépense cloud. En 2026, je voudrais présenter FinOps comme une réponse à ce défi, mais le narratif historique doit encore progresser !
Qu’est-ce qui motive votre participation au GT, et qu’est-ce qu’il apporte à votre quotidien professionnel ?
La première raison qui motive ma participation au GT FinOps est la possibilité d’évaluer la maturité de notre pratique FinOps à la lueur des expériences de nos pairs. Outre se comparer à des institutions de typologie semblable, il est instructif de confronter les problématiques du secteur privé, généralement adossées aux fournisseurs américains, et celles du secteur public ou mutualiste qui reposent plus volontiers sur des acteurs souverains. Enfin, se confronter à ses confrères, c’est un formidable moyen d’exposer ses réalisations, de nouer des contacts, de s’inspirer des autres et donc d’amorcer de nouvelles initiatives, ainsi de suite : la boucle vertueuse est bouclée.Y-a-t-il dans votre entreprise une organisation dédiée au FinOps ? Comment est-elle traitée entre les Métiers et l’IT ?
Le groupe Allianz se présente sous une forme fédérale regroupant une entité centrale basée en Allemagne et des entités nationales locales dont la France fait partie.L’activité FinOps comme toute l’IT à laquelle elle se rattache n’échappe pas à cette règle. Une cellule centrale a la charge de fournir le socle d’outils et de normes sur la pratique : un outil de visibilité des coûts, un mécanisme de réallocation des dépenses cloud et des recommandations d’optimisation sur étagère. De leur côté, les équipes locales monitorent les usages, mettent en musique les optimisations et acculturent les opérationnels.
Entre le FinOps et les Métiers, c’est une affaire de pragmatisme. Quand un Métier conditionne la dépense cloud d’un simple clic de souris en exploitant l’élasticité du cloud dans du calcul intensif (HPC) alors la pratique FinOps est très intégrée chez les analystes métiers. Quand le cloud est utilisé comme un simple hébergeur d’applications monolithiques, alors le dispositif est plus léger car les leviers sont plus limités.
L’IA risque-t-elle de bouleverser la stratégie FinOps d’Allianz ?
Il y a deux niveaux de réponse à cette question. Si on considère l’IA comme un outil du quotidien pour les FinOps, alors on peut parler d’un champ des possibles qui s’ouvre. J’en citerai deux : dans la veille technologique, l’IA générative me semble incontournable pour s’approprier les nouveaux produits qui sortent à un rythme effréné, pour comprendre les inducteurs de coût d’un nouveau produit. Enfin dans l’analyse des coûts et usages lors d’une anomalie, les assistants de code (« claude code ») à base d’IA intégrée à votre terminal ou dans le portail web du fournisseur se montrent très prometteurs. Modulo un prompt adapté, ils corrèlent des données techniques et de coût en identifiant les causes racine du dysfonctionnement, quitte à lancer des commandes de manière autonome. C’est un gain de temps considérable pour un FinOps qui ne peut pas être expert de tous les services cloud.Enfin sous l’angle de l’IA comme service cloud consommé par nos métiers, il n’y a pas de révolution, cela se présente plutôt comme un défi supplémentaire pour les FinOps. Nous y sommes habitués. L’exigence est toujours la même dans une phase d’adoption technologique : de la pédagogie sur les drivers de coûts souvent ignorés par les opérationnels et de la méthode lors du design d’architecture pour intégrer sobriété et efficacité financière.
Avez-vous déjà partagé un retour d’expérience au sein du GT ? Que retenez-vous de cette expérience ?
Oui, en septembre 2025, j’ai partagé au sein du GT un retour d’expérience sur l’externalisation de l’activité FinOps sur un périmètre donné. Les modalités d’externalisation étaient elles-mêmes inspirées de l’expérience d’un autre membre du GT. Pour terminer, à l’issue du retour d’expérience, j’ai découvert avec surprise que d’autres membres avaient également externalisé cette activité et partageaient les mêmes difficultés et enseignements.Interagissez-vous avec d’autres GT du CRIP, ou d’autres groupements extérieurs au CRiP ?
Oui, j’ai participé à plusieurs matinales dont Stratégie Data à l’ère de l’IA et numérique / IA responsable. En effet, il existe des dépenses fortes entre ces domaines et le FinOps.En dehors du CRIP, la communauté FinOps.org anglophone apporte une vision plus mature sur les technologies les plus récentes comme l’IA ou la data. Par ailleurs, les communautés FinOps animées par les fournisseurs de cloud viennent enrichir le paysage avec une expertise technique plus pointue nécessaire pour opérationnaliser nos actions.
Toutes ces communautés sont très complémentaires et se nourrissent les unes des autres.
Quelles sont les principales actions FinOps que vous allez mettre en place en 2026 ?
Très souvent le FinOps est abordé sous l’angle des économies IT alors qu’il s’agit de plus en plus d’une gestion des risques.Les nouveautés technologiques, les impératifs de résilience et sécurité, et le renouvellement des équipes sont autant de facteurs de déstabilisation de la dépense cloud. En 2026, je voudrais présenter FinOps comme une réponse à ce défi, mais le narratif historique doit encore progresser !
Autres articles sur le même thème
Le retour d'expérience du mois
Le déploiement de l’IA va engager des challenges stratégiques nouveaux en matière de HPC
Victor Martin, Responsable de la plateforme numérique R&D Paris-Saclay - TotalEnergies OneTech
Victor Martin, Responsable de la plateforme numérique R&D Paris-Saclay - TotalEnergies OneTech
Mag #31
Lire l'article
Le retour d'expérience du mois
« Groupe SNCF GPT », une plateforme IA développée en interne, pour assurer la sécurité des données de l’entreprise
Dominique DAMIDE - Responsable du 574 Auvergne Rhône Alpes
Dominique DAMIDE - Responsable du 574 Auvergne Rhône Alpes
Mag #30
Lire l'article