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Le mot de l'expert

De l’IA ajoutée à l’IA native : la grande réingénierie des processus
William Marc - Agentic Orchestration Evangelist

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William Marcq a rejoint Camunda en Juin 2023. En tant qu’Agentic Orchestration Evangelist, il accompagne ses clients dans leur stratégie de déploiement de l’IA. Aujourd’hui, il nous aide à comprendre comment faire passer les processus de l'entreprise de l'ancien monde à celui de l'IA, ce que Camunda appelle « la grande réingénierie », et pourquoi cette transformation ne peut se faire sans le contrôle de l'humain.
 

Pourriez-vous nous expliquer dans les grandes lignes ce que permet la solution CAMUNDA?

En une phrase, Camunda est la plateforme d'orchestration agentique pour l'entreprise. Sa fonction est de coordonner de bout en bout un travail réparti entre des personnes, des systèmes applicatifs, des robots et, désormais, des agents IA. Le tout en s'appuyant sur des standards ouverts.
Nous nous appuyons sur la méthode BPMN (Business Process Model and Notation) et DMN (Decision Model and Notation) pour modéliser et automatiser les processus de prise de décision.

Ce qui rend notre solution différente, c’est la capacité d’orchestrer et d’intégrer de façon agnostique différents composants, différentes technologies, et rendre les processus exécutables en nous assurant que les actions envisagées sont effectives et bien réalisées.

Cette approche apporte 3 bénéfices principaux aux clients : 
  • une visibilité complète sur ce qui se passe au sein de leurs processus, du début jusqu'à la fin,
  • de la résilience pour anticiper et fiabiliser des processus qui doivent faire face à des pannes, des erreurs,  
  • une agilité réelle pour faire évoluer les processus, les applications, sans avoir à réécrire toute l'intégration, en cas de changement de CRM, par exemple. Avec plus de 160 connecteurs disponibles, vous vous reliez à quasiment n’importe quelle application du marché.


Quelle place accordez-vous à l’IA dans votre solution ?

Comme nombre d’éditeurs, Camunda a engagé son virage vers l'intelligence artificielle; mais nous n'avons pas voulu intégrer l’IA comme un gadget supplémentaire. Notre objectif était plus ambitieux :  rendre l’IA opérationnelle, ou «actionnable» comme diraient nos amis anglo-saxons. Nous avons capitalisé sur notre orchestrateur et notre plateforme d'automatisation et profité des aptitudes apportées par l’IA pour aider les utilisateurs à produire plus vite des processus.

Nous voulions également éviter à nos clients de rencontrer les problèmes courants liés à une mauvaise utilisation de l’IA, comme les risques de défaut de sécurité sur les données traitées, ou encore les dérives financières liées à une consommation trop élevée de tokens.

Contrairement à d’autres acteurs du marché IA, qui tendent à lui donner le premier rôle, notre approche est différente. Notre philosophie est de préserver un contrôle absolu et une transparence totale et donner la place à l’humain lorsque c’est nécessaire. C'est-à-dire que lorsqu’on intègre l'IA, on sait exactement quel modèle on utilise, quelles sont les données qui seront traitées. Nous avons une vision complète de ce que va faire un agent, pourquoi il le fait. Et surtout, nous pouvons mettre en place des garde-fous, et intégrer une intervention humaine avant que l’IA ne commence à diverger.

C’est cette approche qui a permis à des entreprises notamment du secteur de la Finance et des Assurances, de travailler avec l’IA, parce que nous leur apportons une vision à 360, qui remet l’humain dans l’action. 


Votre solution est-elle disponible seulement en mode SaaS, ou est-il possible d’installer Camunda on-prem ?

Camunda est disponible dans les deux modes, que ce soit en SaaS ou on-premises. En mode SaaS, c'est nous qui déployons pour le client la plateforme Camunda directement chez un cloud provider type AWS ou Google Cloud Platform, et qui en assurons la maintenance.

Nous nous appuyons sur une architecture la plus modulaire possible en n'utilisant que des ressources et des technologies connues, open source pour la quasi-totalité. Cette flexibilité nous permet d’adapter l'architecture aux différents besoins de l'entreprise.

Certains clients souhaitent à la fois disposer de Camunda sur AWS et également sur leurs propres infrastructures pour s'assurer par exemple qu’en cas d'incendie, ils conservent toujours la capacité de produire. 

D’autres clients, opérant le plus souvent dans des secteurs sensibles ou réglementés, comme le militaire, la finance, vont préférer déployer Camunda en mode on-prem. Nous remarquons cependant que certains clients des milieux bancaires ou assurances se tournent vers des solutions SaaS, parce que Camunda leur permet de garder la maîtrise de ce qui circule réellement dans la plateforme : les données sensibles peuvent rester dans leur système d'information, l'orchestrateur ne manipulant que les références nécessaires au pilotage du processus.


Quels sont les grands principes d’architecture de votre solution ? Quels en sont les principaux composants ?

Notre architecture est dite composable, car découpée en composants techniques fonctionnels.



Lors de la phase conception et modélisation, on identifie les composants nécessaires pour concevoir, dessiner le processus, et le rendre exécutable. Le composant Modeler permet de faire collaborer équipes techniques et métier pour créer le processus. La Console apporte les notions de gestion et supervision, Les 160 connecteurs donnent accès aux éléments contributifs, et l’optimiseur va analyser et optimiser le workflow.

Le cœur du réacteur c’est l’Orchestration Cluster. Zeebe en est le composant principal, le chef d’orchestre, en tant que moteur d'orchestration et d'automatisation qui vérifie le bon déroulement de chaque exécution d’un processus, et lance les alertes en cas de dysfonctionnement. C’est également lui qui assure la traçabilité dans l’exécution de chaque processus.. A côté, les composants Operate, Tasklist et Identify apportent respectivement des fonctions de gestion du tableau de bord, de gestion de tâches manuelles et de gestion des accès et des identités.
 
L'orchestration cluster est en réalité une architecture type, utilisée par la majorité de nos clients, pour déployer tous leurs composants d'un coup, sans avoir besoin de se préoccuper de la communication entre les différentes parties prenantes des processus exécutés.


En quoi l'annonce de ProcessOS révolutionne-t-elle votre proposition de valeur ?

ProcessOS a été annoncé le 20 mai 2026, lors de CamundaCon à Amsterdam, devant 1 200 participants venus de 25 pays. ProcessOS est en beta fermée pour des entreprises sélectionnées, avec inscription sur camunda.com/process-os, et sa sortie est prévue avec Camunda 8.10 en octobre 2026.

C'est une couche d'intelligence qui vient au-dessus de la plateforme d'orchestration dont nous venons de parler. Notre postulat de départ a été de constater que tous les processus d'une entreprise ont été conçus dans un monde sans IA. Aujourd’hui, l’ajout de l'IA sur un processus existant, produit de la complexité technique supplémentaire. La vraie question c'est de comprendre où intégrer un LLM, de savoir quelles tâches allaient encore exister et qui devait les traiter. Pour faire simple, nous voulons répondre aux 3 questions que se posent les clients ; quelle IA faut-il utiliser, que va-t-elle nous apporter, et surtout comment la rendre opérationnelle et rentable. ProcessOS va permettre d'aborder ces sujets en transformant des process legacy en process AI-natifs.  Il analyse en détail les processus existants, identifie les tâches pour lesquelles l’IA Agentique pourrait apporter des améliorations, et à l’inverse celles pour lesquelles un fonctionnement déterministe, sans IA, suffit. ProcessOS va apporter une vision nouvelle du processus, créer les assets, le matériel nécessaire, puis va aider à l’améliorer en continu par rapport à des indicateurs définis par le client.

Il donne le moyen concret de montrer où l'IA crée de la valeur, que cela se traduise par du temps gagné, une qualité améliorée ou une rigueur réglementaire renforcée. Le bénéfice est double : les clients peuvent utiliser l'IA pour réorganiser leurs processus plus rapidement, et les processus qui en ressortent pourront bénéficier à chaque exécution des apports de l'IA intégrée de façon native dans leur fonctionnement.


Dans ces processus « IA-natifs », quelle place reste-t-il aux équipes métier ?

Une place différente, et plus intéressante. Dans un processus classique, l'humain exécute des tâches. Dans un processus agentique, il intervient là où le jugement compte : arbitrer un cas limite, valider une décision qui engage l'entreprise, trancher quand l'agent atteint la frontière de ce qu'on l'autorise à faire.

Cela se modélise très concrètement : une tâche humaine au milieu d'un flux agentique, une validation avant une action irréversible, une décision maintenue en DMN parce qu'elle doit rester auditable. Ce n'est pas un garde-fou ajouté après coup, c'est un élément du processus, visible de tous et versionné comme le reste.

Les équipes métier passent ainsi du temps consacré à l'exécution, à la définition des règles du jeu : quels résultats en attendre, quelles limites fixer, à partir de quel seuil les équipes doivent-elles être consultées. Les organisations régulées n'abandonnent pas le contrôle, elles l’assurent  en amont.
 

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