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Interview croisée de membres actifs

« Participer au GT Observabilité a conforté notre choix de développer nos propres solutions »

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Pour le GT Observabilité, nous vous proposons une interview croisée de Vladimir Kharlamoff, Responsable Supervision à l’Agirc-Arrco, et Pascal Foucher, Chef de département Ingénierie et Accélération Digitale chez Dassault Aviation.
 

Vladimir, qu’est-ce qui motive votre participation régulière au GT Observabilité, et qu’est-ce qu’il apporte à votre quotidien professionnel ?

Passionné par l’informatique depuis toujours, j’ai toujours apprécié échanger avec mes collègues et amis sur des sujets techniques, en particulier autour de la veille technologique. Avec le GT, je suis passé à une autre échelle et c’est encore plus passionnant. En effet, ce groupe de travail ne se limite pas aux échanges techniques : il ouvre aussi la porte à des réflexions sur l’organisation des équipes, les méthodes de travail et permet de tester collectivement de nouvelles approches ou outils. C’est une véritable opportunité d’apprentissage croisé et d’innovation, qui nourrit autant mes compétences techniques que ma compréhension globale des enjeux IT.
 

Pascal, au-delà de l’Observabilité participez-vous à d’autres GT ?

Comme Vladimir, nous participons à ce GT parce que l’observabilité et l’automatisation sont des préoccupations en forte progression ces dernières années au sein de Dassault Aviation. L’intérêt pour nous est donc de pouvoir partager nos retours d’expérience avec nos pairs.

Mais, pour répondre à votre question, plusieurs collaborateurs de Dassault Aviation participent à différents GT du CRIP. J’ai pour ma part contribué au GT « infogérance » en 2024 en y décrivant nos principaux contrats d’infogérance. Les années précédentes j’ai également participé au GT Automatisation en tant que pilote, aux côtés d’Orange !
 

Vladimir, y-a-t-il un projet en particulier pour lequel votre participation au GT a apporté une contribution à son succès ?

Cette année, chez Agirc-Arrco, nous avons entièrement repensé notre gestion des événements, un élément central des opérations IT, avec des enjeux forts en termes de coût, de performance et de qualité. Plusieurs retours d’expérience présentés au sein du GT ont conforté nos choix d’organisation, tout en nous permettant d’identifier des principes fondamentaux à mettre en œuvre. Le projet est encore en cours, mais il apporte déjà des améliorations concrètes comme la réduction des coûts liés au traitement des événements et un gain de temps significatif dans l’analyse.
J’ai d’ailleurs eu l’occasion de présenter à plusieurs reprises nos principes et réalisations autour de la centralisation des événements, notamment lors d’un GT et d’une matinale. Les échanges qui ont suivi, riches de questions et de retours, ont été particulièrement stimulants et m’ont permis d’enrichir notre approche.

La participation au GT a également soutenu notre démarche 'make or buy', en nous aidant à conforter notre choix de développer nos propres solutions IT, notamment en nous appuyant sur des technologies open source. Les échanges ont mis en lumière, dans le contexte de notre entreprise, les limites de certains services du marché — coûts, flexibilité, souveraineté. In fine, ces retours nous ont permis de valider l’approche 'make', qui nous offre plus de maîtrise, une meilleure adaptation à nos besoins spécifiques, et une optimisation des coûts, le tout au service de nos clients.
 

À quelle fréquence participez-vous aux réunions du GT ?

Pascal : Dans la mesure du possible, j’essaie de participer tous les mois aux réunions du GT. J’incite également mes collaborateurs à y participer, puis à restituer les échanges au sein d’une communauté Observabilité multidisciplinaire que nous avons créée au sein de l’entreprise Dassault Aviation. C’est une façon très enrichissante pour tout le monde de favoriser la montée en compétence de notre communauté.
Vladimir : comme Pascal, depuis ma première participation, je n’ai manqué aucun GT. Certains retours d’expérience m’interpellent plus que d’autres, mais même dans des thématiques qui, à première vue, pourraient sembler éloignées de mes centres d’intérêt, j’ai toujours réussi à en tirer des idées utiles ou des perspectives nouvelles. Pour moi, chaque session est une source d’inspiration. Cela dit, les thématiques autour de l’observabilité retiennent tout particulièrement mon attention, car elles sont au cœur de mes intérêts et de mes préoccupations techniques.
 

Pascal, avez-vous déjà contribué à la rédaction d’un livrable au CRiP ?

Oui, il y a quelques années, nous avons produit un livrable sur l’automatisation afin de mieux comprendre l’offre d’outils disponibles. J’y ai consacré quelques heures qui furent très bénéfiques. Elles permirent tout d’abord des échanges fructueux avec les autres rédacteurs du livrable. Ensuite, pour la prise de recul que ce travail a permis : l’exercice contraint en effet à clarifier notre pensée, à abandonner nos jargons techniques et à nous exprimer dans une langue accessible, commune, afin de rendre le sujet intelligible pour tous. C’est réellement un très bon souvenir pour moi !
 

Vladimir, qu’avez-vous pensé de la dernière fiche pratique du GT ?

En toute franchise, je n’ai pas directement contribué à la rédaction du livrable ‘Observabilité As A Service’, mais je pense que mes interventions ont nourri la réflexion des pilotes et des membres du GT, et ont pu les inspirer dans l’élaboration de cette fiche pratique.
Le titre du livrable est particulièrement évocateur, car il reflète bien ce que devrait être l’observabilité dans nos systèmes d’information tout en mettant en valeur les grandes thématiques portées par le GT, notamment l’observabilité et l’automatisation.

Ce livrable évoque également de nouveaux rôles, comme celui de Coach SRE, qui correspond parfaitement à mon positionnement actuel au sein de la DSI. Je suis à la fois Product Owner sur le développement de nouvelles fonctionnalités de notre plateforme d’observabilité, et aussi Responsable de Production pour le maintien en condition opérationnelle des systèmes.
 

Vladimir, quels sont les 2 ou 3 sujets techniques du moment qui vous semblent importants pour le GT Observabilité ?

L’intelligence artificielle me semble incontournable aujourd’hui, et c’est clairement un sujet sur lequel le GT pourrait apporter une vraie valeur. L’IA a le potentiel d’enrichir considérablement l’exploitation de l’observabilité, en simplifiant certaines tâches complexes du rôle SRE et en apportant des capacités d’analyse avancées.

Un autre axe intéressant serait de revenir sur les fondamentaux de l’observabilité : les logs, les métriques et les traces. Ces signaux sont certainement déjà utilisés par les entreprises membres du GT, mais il pourrait être utile de les revisiter à travers des retours d’expérience concrets, pour partager les bonnes pratiques d’exploitation, de gestion et d’interprétation.

Enfin, un dernier sujet, bien que non technique, concerne la gouvernance de l’observabilité et les stratégies de mise en œuvre. C’est une dimension essentielle, car l’observabilité représente une véritable transformation, à la fois du système d’information et des organisations. Le GT a d’ailleurs déjà commencé à intégrer cette thématique, et il serait pertinent de poursuivre les échanges autour des rôles, des modèles de pilotage et des approches d’industrialisation, afin d’accompagner efficacement cette évolution.
 

Pascal, et pour vous ?

Comme Vladmir, je pense à un sujet qui fut proposé au cours de la première réunion du GT : l’organisation autour de l’observabilité. L’Observabilité est en effet un thème riche de promesses en termes d’amélioration continue, de détection et de détermination de causes racines. Néanmoins, ce thème est très souvent abordé sous le prisme des outils, et rarement sous l’angle de l’organisation des équipes contribuant à l’observabilité : concepteurs, réalisateurs et « observateurs ».  
J’espère que les futurs échanges du GT nous permettront d’apporter des éclairages collectifs sur ce sujet de l’organisation autour de l’observabilité.

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